vendredi 6 novembre 2015

Mère et fils

 Comme dit notre Némo national "aujourd'hui c'est l'anniversaire d'une femme qui a un enfant formidable"

Aujourd'hui anniversaire d'Emmanuelle


Laissons l'avenir venir et qui vivra verra ....
Car en mes souvenirs tout était déjà là
Un corps très énergique
Une âme de guerrière
Un don quasi magique
D'imposer la lumière

Une photo de Frédéric Pieretti

F.A.I.L , E.N.D and N.O


Une journée en Irlande


Vers la perfection

« Rentre en toi-même et examine-toi. Si tu n'y trouves pas encore la beauté, fais comme l'artiste qui retranche, enlève, polit, épure, jusqu'à ce qu'il ait orné sa statue de tous les traits de la beauté. Retranche ainsi de ton âme tout ce qui est superflu, redresse ce qui n'est point droit, purifie et illumine ce qui est ténébreux, et ne cesse pas de perfectionner ta statue jusqu'à ce que la vertu brille à tes yeux de sa divine lumière, jusqu'à ce que tu voies la tempérance assise en son sein dans sa sainte pureté.
Quand tu auras acquis cette perfection, que tu la verras en toi, que tu habiteras pur avec toi-même, que tu ne rencontreras plus en toi aucun obstacle qui t'empêche d'être Un, que rien d'étranger n’altérera plus par son mélange la simplicité de ton essence intime, que tu ne seras plus dans ton être tout entier qu'une lumière véritable, qui ne peut être mesurée par une grandeur, ni circonscrite par une figure dans d'étroites limites, ni s'accroitre en étendue à l'infini, mais qui est tout à fait incommensurable parce qu'elle échappe à toute mesure et est au-dessus de toute quantité; quand tu seras devenu tel, alors, puisque tu es la vue même, aie confiance en toi, parce-que tu n'as plus besoin de guide. »
Plotin, in "Du Beau, Ennéade I", traduit par N. M. Bouillet, Hachette, Paris, 1857.

jeudi 5 novembre 2015

mercredi 4 novembre 2015

Beautiful Donegal


Lovely Downings In North Donegal.

De cet amour je reste émerveillée

De cet amour ardent je reste émerveillée
Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent
Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés
Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encore
Je reste émerveillée
Rien n’y fait
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée.
Andrée Chedid ( mère de Louis, Grand mère de Mathieu entr'autres ) -n20 mars 1920 - 6 février 2011 - 
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Viatique

32 Irish pubs chosen by Michelin as the best spots to eat out


Toddies restaurant, at the Bulman pub, in Kinsale, County Cork was one of two pubs in Ireland to get a special mention by the Michelin guide.
Thirty-two Irish pubs have being included in the 2016 Michelin Eating Out in Pubs Guide.
Toddies restaurant, at the Bulman pub, in Kinsale, County Cork, and the Wild Honey Inn, in Lisdoonvarna, County Kerry both received an “Inspectors' Favourites” commendation. This means the “establishments found to be particularly charming and which offer something extra special.”
Also this year there are new locales on the list among the 25 pubs listed in the Republic of Ireland – The Old Spot, in Ballsbridge, Dublin and Harte’s, in County Kildare.
The Michelin Guides are over 100 years old. This year’s guide recommends more than 590 pubs, of which 60 are new entries. “This is a carefully selected group of pubs, chosen for the standard of their cooking,” said Editor, Rebecca Burr. “Each of them has been anonymously judged by our team of full-time inspectors, and we feel justly proud of them.”
“The great news is that our pubs are spread all over Great Britain and Ireland,” commented Burr. “Stretching from Kylesku in the North of Scotland to Newlyn in the far South of England; and from Southwold in the East of England, to Cahersiveen in the West of Ireland.”
County Down definitely leads the way among Ireland’s listing wtih leads the field with six pubs in the guide, followed by Cork with five, Clare with four and Kildare with three. Dublin, Galway and Mayo each received two listings, while Antrim, Kerry, Leitrim, Louth, Sligo, Tipperary, Wexford and Wicklow each had one listing.

Antrim : Billy Andy’s at Mounthill , near Larne

Clare : Morrissey’s (Doonbeg)  Vaughan’s Anchor Inn (Liscannor)

Wild Honey Inn(Lisdoonvarna)  Linnane’s Lobster Bar (NewQuay)

Cork : Mary Ann’s (Castletownshend)  Poacher’s Inn (Bandon)

Deasy’s (Clonakilty) Cronin’s (Crosshaven) Toddies at The Bulman (Kinsale)

Down : Pheasant (Annahilt) Poacher’s Pocket (Comber) Parson’s Nose (Hillsborough) Plough Inn (Hillsborough)  Pier 36 (Donaghadee) Balloo House (Killinchy)

Dublin : Old Spot (Ballsbridge) Chop House (Ballsbridge)

Galway : Moran’s Oyster Cottage (Kilcolgan) O’Dowd’s (Roundstone)

Kerry : O’Neill’s Seafood Bar (Caherciveen)

Kildare : Harte’s (Kildare) Ballymore Inn (Ballymore Eustace) Fallon’s (Kilcullen)

Leitrim : Oarsman (Carrick-on-Shannon)

Louth : Fitzpatricks (Jenkinstown)

Mayo : The Tavern (Murrisk) Sheebeen (Westport)

Sligo : Hargadons (Sligo Town)

Tipperary : Larkins (Garrykennedy)

Wexford : Lobster Pot (Carne)

Wicklow :  Byrne & Woods (Roundwood)


Va

 
«Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière.»
 
de Victor Hugo (1802-1885)

Et ailleurs







La Tête Haute à Hong-Kong


mardi 3 novembre 2015

La baie de Clifden ce soir


 Une photo Catherine Roux Prost
 Grâce à mes amis qui ont le bonheur de vivre là-bas je trouve chaque jour sur Facebook des photos  qui me réjouissent et m'apportent en Bretagne où je suis un souffle de vraie vie . La vue du Chateau d'Arcy.

Marine ma Toute Belle




Bobin et le deuil ( suite )

Peut-on dire que vous poursuivez un dialogue avec la jeune femme aimée?


C'est une sorte de dialogue, en effet. À l'heure de la Plus Que Vive, j'étais dans le souffle de la bombe. J'ai commencé à écrire le texte un mois après l'enterrement. Et je lui ai promis que je lui écrirais à nouveau. On est toujours plus intelligent que soi : la Plus Que Vive était un livre nécessaire, mais aussi un texte de dénégation. J'ai cru pouvoir effacer la mort qui efface tout. Mon livre était une gomme. Je pense aujourd'hui que les choses véritablement vécues perdurent et ne tombent pas dans un cercueil sous la terre. Il n'y a pas de disparition. Les choses invisibles, les seules qui soient essentielles, reviennent tout naturellement à l'invisible - que ce soit un regard ou une voix, l'amour donné et la joie qui le suit. Elles ne sont pas palpables mais elles nous font. Et elles ne se défont pas avec la mort. Je garde la voix de cette jeune femme, de même que je garde celle de mon père, et le bon pain de son sourire. Tous m'habitent. C'est comme mon sang, des globules invisibles qui me sont aussi nécessaires que les rouges ou les blancs. Elle, mon père, ma mère, ou un poète chinois du VIIIe siècle... Le point commun, c'est que les uns et les autres m'ont fracturé le coeur, ils m'ont aidé à vivre.

De votre père, décédé en 1999, vous dites : « Je l'aime tellement que sa mort n'a jamais eu lieu »...

C'est une parole d'amour qui est comme toutes les vraies paroles d'amour : exagérée. Ce que j'ai voulu signifier, c'est que son absence n'a jamais eu lieu. J'aimais beaucoup le toucher, tenir sa main dans la mienne, et la mort a rendu le geste impossible. Je ne peux plus lui montrer mes livres, qu'il savait lire adorablement, jusque dans les brumes de la maladie qui lui a détricoté la mémoire. Ma part rationnelle sait très bien que sa mort a eu lieu, qu'une tombe porte son nom dans la ville toute proche. Mais ce savoir n'est rien par rapport à tout ce que je sais d'autre sur mon père, agissant, bénéfique et rayonnant. Il continue de l'être.

Pourquoi son paquet de Gauloises bleues était-il son « bréviaire » ?


Il venait d'un milieu ouvrier pauvre du Creusot et travaillait aux usines Schneider où il était devenu professeur. Mais il restait imprégné du ciel ouvrier des Gauloises bleues, c'est-à-dire d'un milieu où lire était un peu soupçonnable, équivalent à une perte de temps. Or quand je commençais à écrire, il m'a dit un jour à la table familiale : « Reprends de la viande. Pour ce que tu veux faire, il faut des forces. » Cette intelligence de l'autre est bouleversante. Mon père est la première figure de la générosité qui est venue vers moi. Ma gratitude envers lui a la profondeur du ciel étoilé. Je vois la cendre de la cigarette qui tombe dans sa main en coupelle, un geste comme une manière bien à lui d'adoucir toutes les chutes de la vie. La beauté du langage, c'est parfois de ressusciter une personne avec un seul détail.

Est-ce que la fréquentation assidue des écrivains, ces absents qui vous parlent à travers les siècles, habitue à la disparition ?

Non, cette fréquentation rend simplement la vie et la mort encore plus précieuses. Je ne suis pas en quête de l'hiver dans les livres. Je vais chercher le printemps et je l'y trouve - que ce soit chez un poète chinois, chez Jünger, Mandelstam ou Kafka, lequel n'était pas un être de noirceur, mais l'un des hommes les plus délicats et attentifs à la vie, que je connaisse.

Les écrivains sont tout de même des absents particuliers, car vous partagez un outil commun à quelques siècles d'intervalles...

Nous accomplissons apparemment le même travail. Pourtant, je ne fais pas un travail si différent de celui que faisaient mon père ou «la plus que vive ». Le vrai travail des vivants, celui pour lequel tout chômage devrait être rendu impossible, c'est de prendre soin de la vie : de la sienne et de celle des autres. Mes intimes sont entrés dans ma chair. Le poète chinois, lui, est entré dans mes songes et dans ma joie, parce qu'il m'en a donnée. Il s'appelle Lu Yu et a écrit Le vieil homme qui n'en fait qu'à sa guise, un véritable réservoir de sourires, comme un pain est une réserve d'énergie. C'est tout de même incroyable que cet homme d'un tout autre continent, d'une culture qui n'a rien à voir avec la nôtre et qui est enfoui sous les décombres de tant de siècles puisse me combler aujourd'hui presque à chaque lecture ! Je le lis et je n'ai plus d'ennui, plus de souci. Je me porte mieux, je suis moins malade, moins enrhumé... Je pense qu'il y a une capacité de résurrection en nous et dans l'écriture. Les poèmes de Lu Yu sont proches du léger soupir d'un chat endormi. Et cela, qui n'a aucune valeur à notre époque, n'a en vérité pas de prix. Alors que le monde entier est devenu une boîte de nuit où l'on s'adresse à nous avec des haut-parleurs, c'est le bas-bruit de Lu Yu, de Bach ou des oiseaux qui m'enchante. Parce que quand tout le reste nous aura quittés, ces choses seront encore là, elles seront les dernières.

Christian Bobin est écrivain et poète. Né en 1951 au Creusot (Saône- et-Loire), il vit toujours dans les environs, retiré dans sa maison. Il vient de publier : Noireclaire, Gallimard.

A lire : 
La Plus Que Vive Le premier livre, écrit en 1996, consacré à l'amoureuse du poète disparue brutalement. Folio, 4,60 €. 
Carnet du soleil Deuxième petit caillou littéraire semé 15 ans après. 
Lettres vives, 13,20 €. 
Noireclaire 20 ans après, l'absente est plus présente que jamais dans l'un des plus beaux recueils du poète, travaillé comme un diamant jusqu'à une éblouissante épure. Gallimard, 11 €.

Bobin et le deuil


Du blog 
Phytospiritualité - mardi 3 novembre 2015

Christian Bobin : "Les uns et les autres m'ont aidé à vivre" (1)De son grand amour de jeunesse, Ghislaine, à son père, en passant par les écrivains qu'il fréquente assidûment, Christian Bobin a mis les absents au cœur de son oeuvre.
Dans sa vie, il y a un avant et un après. Une disparition comme un coup de tonnerre, celle d'une jeune femme qui fut la passion de jeunesse du poète. Elle s'appelait Ghislaine, enseignait le français, élevait trois enfants. Elle avait 44 ans quand la mort l'a brutalement happée. Deux décennies plus tard, la déflagration se propage encore : après la Plus Que Vive en 1996 et Carnet du soleil en 2011, voici Noireclaire, nouveau rendez-vous littéraire avec la disparue, recueil sans doute le plus aigu travaillé jusqu'à la plus limpide simplicité, l'épure quasi parfaite. On y retrouve aussi au creux des pages tous les autres absents chers au coeur de Christian Bobin, ses parents et les écrivains qui sont ses compagnons de route. Le poète nous a reçus dans sa maison perdue au milieu des bois, au pied du Morvan à quelques encablures du Creusot. Une thébaïde pas si solitaire, tant elle est habitée par la présence des âmes soeurs.

Comment les absents se sont-ils invités au coeur de votre oeuvre, faisant de la  mort une figure familière?


Dès que vous connaissez la grâce de cette vie, vous connaissez sa perte aussi, les deux sont liées. Si une fleur peut nous toucher autant qu'un humain, c'est en raison même de sa fragilité. Et sa fragilité, c'est sa mortalité. Les choses qui viennent à nous et nous bouleversent par leur beauté, nous bouleversent par l'annonce de leur mort. Elles sont d'autant plus belles qu'elles sont en train de passer. L'apparition et la disparition se font en un même instant. C'est comme le sourire sur les lèvres minuscules des nouveau-nés : à la fois fugace et éternel. La vie vient, elle nous dit : « Je m'en vais » et c'est à la fois terrible et merveilleux. La vie est le paradoxe même. Et si vous refusez de le voir tout en est déséquilibré.

Pourquoi parlez-vous d'un « même éblouissement » face à la vie et à la mort ?

Ce qui nous sauve, c'est ce qui nous arrache à nous-mêmes. La beauté d'une seule fleur vagabonde, le geste charitable et imprévu d'un autre être, un poème brillant comme du corail nous amènent loin de nous-mêmes, nous sauvent de notre existence endormie. Et somme toute, de façon radicale, la mort ne fait rien d'autre. On peut la considérer aussi comme l'extase de la vie. Je précise immédiatement : à mes yeux, la mort n'est pas un banquet, une chose désirable à rechercher. Mais on peut la penser comme une assomption, un fleurissement extrême et je la vois ainsi. Cependant, elle me blesse. Elle m'enlève goutte à goutte, peu à peu, ce qui m'est le plus cher. Mais je ne lui en veux pas. J'ai ressenti les mêmes atteintes de la beauté de cette vie et parfois de la mort. Mais l'atteinte de la mort est si profonde qu'elle peut faire hurler, amener les larmes et une désespérance, expériences que j'ai connues. J'arrive maintenant par la pensée à tenir la vie et la mort ensemble. Et il m'apparaît que le malheur de notre époque est d'avoir fait passer une muraille entre les deux, un barbelé infranchissable. C'est la raison pour laquelle la mort nous fait si peur et la vie nous semble moins précieuse. Cette dernière perd de sa force si on oublie qu'elle est fragile. C'est aussi la grâce de la mort, malgré tout, que de nous resserrer sur cette vie, qui est la seule que nous ayons.

Pourquoi le besoin de faire un chemin littéraire avec cette absente qu'est votre grand amour de jeunesse ?

À l'égal d'Ernst Jünger, je pense que la gratitude est le sentiment le plus haut. Et c'est par gratitude que j'ai écrit plusieurs textes sur cette jeune femme. Elle fait partie de ces gens qui rayonnent et ne le savent pas. Je crois que le soleil n'est pas conscient de lui-même, il fait son travail magnifiquement, mais il ne sait pas qu'il est le soleil. Celle que j'ai appelée « la plus que vive » et qui est dans Noireclaire, accomplissait un travail de lumière dans cette vie. La voir au loin venir était un éblouissement. Son énergie a ouvert la fenêtre de la chambre où j'étais en train de lire, rêver et attendre depuis des années. J'étais peut-être dans une paix trop grande avant de la rencontrer. Ensuite, je n'ai plus exclu les luttes, les tensions, le côté plus aigu de la vie.

Elle vous a bousculé ? Dans votre écriture aussi ? 

 

Oh oui. Quand j'ai commencé à écrire, elle n'était pas à mes côtés. J'écrivais peu. Mon premier texte, qui avait pris la forme d'une lettre, était adressé à un visage que je ne connaissais pas. Et elle a rempli ce visage quelques années plus tard. Il m'a suffi ensuite de la regarder vivre pour écrire. Ce que je dis des mères, ce que je dis des amoureuses ce que je crois connaître des femmes inconnaissables, c'est d'elle que je le tiens. Sans parler de la joie suprême des promenades dans la campagne qui ouvrent aux plus grands bonheurs de cette vie. Elle est dans les trois livres à elle dédiés, et aussi en secret dans quelques autres..
.
Vous voulez dire dans tous vos livres ?

Je ne pense pas toujours à elle, je n'ai pas une pensée obsédante. Mais elle m'a réveillé. Et ce qu'il y a d'éveil dans mes livres est une suite heureuse de notre rencontre. Même après sa disparition.

Peut-on l'appeler « absente », alors ?

Oui, on peut la dire absente. Pour moi, ce n'est pas une injure. Simplement, quand nous atteignons un point de sensibilité, de douceur et d'intelligence de la vie, viennent s'asseoir à nos côtés ceux que nous avons aimés. La vie s'ouvre lorsque l'on a cette sensation et peut-être encore plus quand on l'exprime. C'est l'inverse du temps d'aujourd'hui qui est si limité qu'il ne nous reste qu'une poignée de secondes piquantes comme une pelote d'aiguilles. Mais les absents, que ce soit nos proches ou les écrivains que nous lisons, viennent mettre leur main sur notre épaule et nous ramènent à une lenteur essentielle.

Sonja à l'hopital

Opérée ce matin d'une séquelle de sa chute au ski de l'an dernier

Toujours aussi solaire

Safety trucks by Samsung

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Fière d'eux !  
Argentina won't cry as much .

lundi 2 novembre 2015

Mieux qu'un vaccin

 Contre la grippe boire  en jus :   6 feuilles de choux frisé, 1demi bouquet de persil , 1 concombre ,  d 4 côtes de céleri en branches, 3 petites pommes et 1/2 citron.

Misogynie ambiante

Maiwenn et le procès fait à Mon Roi, une misogynie décomplexée


Mon Roi, le dernier film de Maiwenn sur les écrans depuis environ deux semaines, divise. Ça n’est et ne sera ni le premier ni le dernier film clivant de l’histoire du cinéma. Aucune demi-mesure dans les élans qu’il suscite, engouement absolu ou puissant rejet. Pas si fréquent, mais jusqu’ici rien d’extraordinaire non plus. Mais en revanche, à bien lire les mots choisis par les opposants au film, un constat un peu plus inédit et fortement troublant se dégage : la démonstration d’une violence assez personnelle et misogyne à l’encontre de la réalisatrice, violence émanant souvent dans ce cas précis, il faut le reconnaître, de journalistes de sexe masculin. Et cet angle dérangeant choisi par cette critique assassine : ça n’est pas le film qu’on attaque, le film EST et devient Maiwenn, le sujet et l’auteur ne font plus qu’un au milieu du champ de tir.


 PREMIER PROCÈS : LE NARCISSISME ET LA PARESSE
On connait le penchant autobiographique assumé de la réalisatrice, mais nombre de ses collègues masculins se sont maintes fois prêtés au même exercice sans pour subir à ce point une telle personnification de la critique. Et d’ailleurs quand bien même, depuis quand est il interdit ou paresseux de se raconter ?
C’est bien là la force de la création. Un objet artistique quelqu’il soit, livre, film, tableau, est un traitement déformé par le prisme de son créateur. L’amour selon Truffaut diffère de l’amour selon James Gray, selon Ozon, de l’amour chanté par Piaf ou Alex Beaupain. Ca s’appelle un point de vue, ça s’appelle un regard, et donc un traitement personnel et subjectif de la réalité, dans lequel nous sommes libres de nous reconnaitre ou non. Nous touchons à l’essence même de la fonction cathartique.
Maiwenn n’a jamais prétendu réaliser un documentaire sur le couple. Ce film n’est pas un point de vue sur l’amour, ce film est le récit d’une histoire d’amour. Récit très fortement imprégné du vécu de la réalisatrice, et alors ? Bien particulier celui qui pourrait traiter de l’amour sans être contaminé par sa propre expérience, par sa vision sociale et amoureuse du couple, par son éducation peut-être même ou par son vécu, heureux ou traumatique. Il n’y a rien de plus subjectif que la vision de l’amour. L’amour et le deuil ont toujours trouvé au cinéma, en musique ou en littérature presqu’autant de visions qu’il y a d’individus pour en parler et pour le recevoir.
DEUXIÈME PROCÈS : L'HYSTÉRIE
Mais au delà de cette accusation de paresse créative et de narcissisme ce qui choque dans certains commentaires est cette évocation récurrente d’impudeur et surtout d’hystérie. Maiwenn devrait donc, pour ne pas desservir la cause féminine, filmer des amours sages et des personnages en retrait. Très excitant et prometteur en effet pour un sujet comme la passion amoureuse.
Parce que oui, l’absurdité est là.
La passion n’est pas tiède sinon ça s'appelle un amour raisonnable. Là où il y a passion il y a démesure, dans la joie et la souffrance, il y a dépendance.
Petit rappel éthymologique : passion, du latin patior, souffrir, éprouver, endurer. 
Mais quand il s’agit du traitement de la passion par Maiwenn, nous arrivons à une redéfinition journalistique contemporaine intéressante, que nous mettrons sur le dos de la disparition des cours de latin et grec au collège (décidément, foutue reforme..)
La passion selon Maiwenn donc : hystérie. Hystérie. Du latin « hystericus, relatif à l’utérus »
Nous y sommes, CQFD, la passion = chez les hommes, élan sage et raisonnable, sans débordement ni souffrance. Chez les femmes : en raison de la présence constatée d’un utérus, acte violent, fatiguant, bruyant et démesuré. Possible et forte dépendance affective à envisager.
Le trait est ici délibérément forcé, jusqu’à la caricature, mais c’est pourtant bien ce qui se lit ces jours ci dans et entre les lignes de certaines critiques.
 Quand le grand Jacques Brel chante, suant de désespoir amoureux « laisse moi devenir l’ombre de ton ombre, l’ombre de ta main, l’ombre de ton chien » on crie au génie, on l’inscrit au panthéon des grands interprètes. « Laisse moi devenir l’ombre de ton chien »… Quand Emmanuelle Bercot pleure, raconte, hurle, mouche sa peine et cet amour qui la possède toute entière nous sommes dans l’hystérie.
Pas nous d’ailleurs, Maiwenn. Maiwenn est dans l’hystérie, puisqu’elle filme l’hystérie. Donc j’imagine que Scorsese est un être d’une violence inouïe lui qui la filme si souvent, que Cronenberg est sans doute mi humain mi machine, et que Marc Dorcel….ok.
 Puisque nous sommes dans une approche autobiographique et sans filtre ou presque, on en oublie de distinguer le sujet de la manière dont il est filmé, de distinguer le film de son auteur. La fonction du critique n’est pas de donner son point de vue sur la passion amoureuse, laissons cet exercice aux philosophes ou aux psychanalystes. Non, le rôle de la critique serait de commenter la qualité du traitement de la passion par Maiwenn : scénario, dialogues, direction d’acteurs, lumière, réalisation, rythme.. Mais la réalisatrice n’est pas observée comme telle. Elle est jugée sur sa vision du sujet. Elle n’est alors plus une cinéaste, elle est ramenée à un statut de femme, qui nous livrerait un point de vue hystérique sur une folle aimant un fou qui la rendrait encore plus folle.

Pierre Murat pour Télérama :
« Maiwenn croit que son travail est fini, alors qu’il n’a même pas commencé. Dès qu’il dépasse deux heures, elle arrête net son bric-à-brac et s’en va au Festival de Cannes, 
où les sélectionneurs l’adorent : elle se retrouve en compétition à chaque fois ».
 Voilà, tout à fait ça, Maiwenn s’amuse avec sa caméra, puis quand elle en a marre, elle passe à autre chose et file à Cannes, parce qu’elle est futile et mondaine, aime les jolies robes et les tapis rouges. Et puis à Cannes on la sélectionne parce qu’elle est belle. De là à dire qu’elle a bien de la chance avec si peu de talent d’être une jolie fille…
Une démarche artistique ? Mais vous n’y pensez pas..
Nous voilà au coeur d'un jugement personnel insultant et dégradant, ne laissant jamais, jamais à la réalisatrice le bénéfice du doute sur l’intention, la démarche, l’analyse d’un vécu et sa transcription cinématographique, sur la décision d’une direction artistique, d’un parti pris, d’un choix d’acteurs et de leur direction.

VERDICT : UN GRAND FILM
En regardant Mon Roi j’ai vu de beaux plans servant l’histoire et les acteurs, pas ou peu de caméra épaule, je n’ai pas vu de violence ni de soubresauts dans le filmage, dans le montage, dans le choix des musiques. Rien de démonstratif ou de fou, mais en revanche une réalisation maitrisée, réfléchie, j’ai même entendu des silences, si rares au cinéma. J’ai en effet vu une réalisatrice prendre le temps de raconter les montagnes russes d’une vie amoureuse, prendre le temps de raconter aussi la reconstruction. Ne pas trop en montrer, maitriser l’ellipse. Montrer aussi l’important qui se joue dans les moments ordinaires, dans le quotidien. La valeur du détail, du petit rien, pour détruire ou se reconstruire. Pas de réalisatrice hystérique à l’horizon, mais une réalisatrice qui sait, comme peu de ses collègues, quelque soit leur sexe, filmer au microscope l’intime derrière l’intime. J'ai simplement vu parfois à l’image des personnages violemment heureux ou malheureux, vu une histoire qui, par moments, ne vous en déplaise chèr(e)s critiques, rappelle la vraie vie, parfois son raccourci, parfois sa version romancée, parfois crue, parfois pas, bref, j’ai vu un film.
 Je ne suis pas féministe. Je ne crois pas à la revendication féminine, je crois qu’il y a aujourd’hui dans le domaine du cinéma, de la musique, de la littérature, de la politique, ou du sport et du journalisme des femmes tellement brillantes qu’il n’y a pas nécessité à revendiquer, il y a juste en revanche une forte nécessité à constater et à faire savoir. Que Maiwenn soit un homme ou une femme m’importe peu. J’ai simplement trouvé Mon roi bouleversant, vénéneux et juste. Juste dans son traitement de la passion, de la dépendance, juste dans l’expression de la difficulté à renoncer, à faire le deuil, à se désintoxiquer des extrêmes. J’ai vu des personnages prisonniers d’eux même, pour le meilleur et pour le pire. J’ai vu des acteurs précis et abandonnés, bien dirigés ou alors intelligemment laissés libres. J’ai vu une belle lumière, des cadres pensés, des personnages secondaires attachants et utiles à l’histoire, parfois médiateurs entre le spectateur et les deux protagonistes.
 Mon Roi est un grand film, sur un grand sujet. Je n’ai pas été touchée parce que je suis une femme qui a vu à l’écran souffrir une femme, filmée par une femme se racontant.
J’ai été touchée parce que j’aime le cinéma, les grands réalisateurs et raconteurs d’histoires. Passionnément même, ça tombe bien.

In the bog today


Peut être qu'après l'été très pluvieux grâce à ce bel automne la tourbe finira par sécher au beau Connemara
www.visitconnemara.com


Titicaca Lake ?



Drôle d'alchimie




La peur qui fait bouillir l'ignorance ne peut distiller  que de la haine

James

  Can't resist to blog this picture of James  O' Sullivan the graduate with his wonderful parents , Daniel  O'S. and  Carolanne  Joyce. Well done all of you !Bravo James : Now you can become an actor !