vendredi 24 février 2017
jeudi 23 février 2017
J'emporte votre Ame
Vous ne saurez jamais que j'emporte votre âme
Comme une lampe d'or qui m'éclaire en marchant ;
Qu'un peu de votre voix a passé dans mon chant ...
Marguerite YOURCENAR
Comme une lampe d'or qui m'éclaire en marchant ;
Qu'un peu de votre voix a passé dans mon chant ...
Marguerite YOURCENAR
Posté par Maela
mercredi 22 février 2017
mardi 21 février 2017
Vertu de la poésie
Et moi, je crois à la vertu de la poésie,
Je crois au salut qui vient de toute parole juste, vécue et exprimée.
Je crois à la solitude rompue comme du pain par la poésie.
Je crois au salut qui vient de toute parole juste, vécue et exprimée.
Je crois à la solitude rompue comme du pain par la poésie.
lundi 20 février 2017
Mon idole personnelle
Mon Nicolas, mon Obama
Mon idole, ma passion
Retenez son nom :
Célébrité assurée
Charisme à tout casser .
Voir les choses d'en haut
« Voir les choses d'en haut, comme si l'on était monté sur une colline ».
Ce vieux conseil des Stoïciens est repris, sous quantité de versions, tout au long de l'histoire occidentale.
L'idée est toujours la même : savoir prendre du recul, ouvrir la focale, inclure les circonstances locales « in a bigger picture », comme on dit ailleurs.
Les Anciens y voyaient un exercice spirituel : s'entraîner mentalement à ne pas rester confiné à sa situation individuelle, sa perception personnelle - voir au contraire toute la plaine, les rivières, les villages dispersés, et sa propre place, parmi d'autres, plutôt que les seuls murs de sa maison...
Roger-Pol DROIT – publié dans Les Échos
Photo : Philippe CROCHET
Ce vieux conseil des Stoïciens est repris, sous quantité de versions, tout au long de l'histoire occidentale.
L'idée est toujours la même : savoir prendre du recul, ouvrir la focale, inclure les circonstances locales « in a bigger picture », comme on dit ailleurs.
Les Anciens y voyaient un exercice spirituel : s'entraîner mentalement à ne pas rester confiné à sa situation individuelle, sa perception personnelle - voir au contraire toute la plaine, les rivières, les villages dispersés, et sa propre place, parmi d'autres, plutôt que les seuls murs de sa maison...
Roger-Pol DROIT – publié dans Les Échos
Photo : Philippe CROCHET
dimanche 19 février 2017
Ecrire sur les choses qu'on aime
Écrire seulement sur les choses qu’on aime. Écrire pour lier ensemble, pour rassembler les morceaux de la beauté, et ensuite recomposer, reconstruire cette beauté. Alors les arbres qui sont dans les mots, les rochers, l’eau, les étincelles de lumière qui sont dans les mots, ils s’allument, ils brillent à nouveau, ils sont purs, ils s’élancent, ils dansent ! On part du feu, et on arrive dans le feu. Partout autour, partout à l’intérieur, brûlent des flammes, de drôles de flammes, légères, odorantes, qui remplissent l’espace de chaleur et de blancheur. Comment être loin de la vie ? Comment accepter d’être étranger, exilé ?
Jean-Marie LE CLEZIO - L'inconnu sur la terre
Tableau : RENOIR - La Vague
Jean-Marie LE CLEZIO - L'inconnu sur la terre
Tableau : RENOIR - La Vague
Posté par Maela ( jamais 2 sans 4 apparemment )
Amour ideal ou idéalisé
Ne pas pouvoir réaliser un amour idéal est certes une souffrance.
Ne pas pouvoir idéaliser un amour réalisé en est une autre.
Gaston BACHELARD - La dialectique de la durée, p.141
Tableau : Alexis ANTONOV
Ne pas pouvoir idéaliser un amour réalisé en est une autre.
Gaston BACHELARD - La dialectique de la durée, p.141
Tableau : Alexis ANTONOV
Posté par Maela ( jamais 2 sans 3 )
Le silence
Le silence est une tranquillité mais jamais un vide
Il est clarté mais jamais absence de couleur
Il est rythme
Il est le fondement de toute pensée...
Yehudi MENUHIN
Tableau : Yoel Tordjman Artist - The Transition
Il est clarté mais jamais absence de couleur
Il est rythme
Il est le fondement de toute pensée...
Yehudi MENUHIN
Tableau : Yoel Tordjman Artist - The Transition
Transmis par Maela
Sur le sable ou sur la pierre
Lorsque quelqu'un te blesse, tu devrais l'écrire sur le sable afin que le vent l'efface de ta mémoire. Mais lorsque quelqu'un fait quelque chose de bon pour toi, tu dois l'écrire sur la pierre afin que le vent ne l'efface jamais…
Sagesse Tamasheq
"When someone hurts you, write it on the sand so that the wind erases it from your memory. But when someone does something good for you, you should write it on the stone so that the wind never gets to erase it." Tamasheq Wisdom
Photo : Le conte des sables
Sagesse Tamasheq
"When someone hurts you, write it on the sand so that the wind erases it from your memory. But when someone does something good for you, you should write it on the stone so that the wind never gets to erase it." Tamasheq Wisdom
Photo : Le conte des sables
Transmis par Maela
samedi 18 février 2017
Tu apprendras
Après quelques temps,
tu apprendras la différence
entre tendre la main et secourir une âme.
Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer,
et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité...
William SHAKESPEARE - Tu apprendras
Tableau : Bruno BRUNI
tu apprendras la différence
entre tendre la main et secourir une âme.
Et tu apprendras que aimer ne signifie pas s’appuyer,
et que compagnie ne signifie pas toujours sécurité...
William SHAKESPEARE - Tu apprendras
Tableau : Bruno BRUNI
vendredi 17 février 2017
La lumineuse histoire du Prince qui manquait de tout
La Princesse dont le Roi avait jadis croisé le troublant regard lors d’un bal donné en son honneur était elle-même devenue Reine. Si, dans les premiers temps, elle avait essayé de rendre heureux son époux puisque c’était là le rôle qui lui avait été dévolu, force lui fut de constater que, toute Reine qu’elle était, elle n’en avait pas le pouvoir. Quoi qu’elle fasse, en effet, qui puisse contenter le souverain n’évitait jamais à Sa Majesté de toujours manquer de quelque chose.
La Reine en avait pris son parti et avait résolu de simplement rayonner sa joie de vivre, en gageant que peut-être celle-ci déteindrait quelque peu sur la personne de son mari.
Si, de temps à autre, elle avait eu l’impression d’y réussir, ce n’était plus arrivé depuis que le Roi avait enterré son fidèle Serviteur. Il ne parvenait pas, en effet, à sortir du désespoir dans lequel la quête de Dieu le plongeait.
Du jour où il avait pris conscience du manque de Dieu, le monarque n’avait eu de cesse de vouloir le trouver. Ainsi le chercha-t-il en passant des mois dans la grande chapelle du palais, en s’entourant des plus grands docteurs de la foi, en lisant pendant des nuits entières entre les lignes des plus anciennes écritures et en parcourant son royaume pour y contempler les représentations que les hommes en avaient fait. Mais il avait beau chercher, partout au-dehors, il ne le trouvait pas.
Un jour qu’il était au plus mal, la Reine vint près de lui avec une infinie tendresse. Il leva les yeux, rencontra son regard, celui-là même qui l’avait jadis tant troublé, et lui dit :
« Vous êtes lumineuse, Madame !
- C’est votre propre lumière que vous voyez en moi, Sire.
- Comment cela ? interrogea le Roi, surpris par l’étrange réponse que lui faisait sa bien-aimée.
- On ne voit jamais en l’autre, mon ami, que ce qui est en soi.
- Vous êtes trop bonne ! répliqua le monarque.
- Non point, contesta son épouse. Je dis ce qui est vrai et, pour le démontrer, je voudrais, s’il vous plaît, vous conter une histoire. Une histoire, précisa-t-elle, que votre mère m’a elle-même confiée avant de mourir.
- Soit ! répondit le Roi qui se demandait ce que la Reine Mère avait bien pu raconter à sa belle-fille.
- Il était une fois, commença la première dame du royaume, un bel enfant qui s’apprêtait à venir au monde sans manquer de rien. La femme qui le portait avec amour savait que la nature généreuse avait doté le fruit de ses entrailles de toutes les grâces et d’infiniment d’atouts.
Un jour, cependant, peu de temps avant qu’elle n’enfante, une fée vint lui rendre visite.
« Femme, lui dit cette fée, l’enfant que tu portes court un grand danger.
- Un grand danger ! répéta, effondrée, la mère. Comment cela se peut-il ?
- Cet enfant, lui dit la visiteuse, est une pure merveille...
- Je sais, je sais, disait en pleurant la mère qui ne voyait pas où l’apparition voulait en venir.
- Et lorsqu’il va naître, il lui faudra, pour s’adapter au monde, se couler dans un moule ; un moule si étroit qu’il ne pourra contenir toute cette merveille. Le fait est, continua la fée, que, pour survivre, il devra y renoncer au risque de la perdre à jamais. »
La mère de l’enfant, qui sanglotait à chaudes larmes, parvint à articuler quelques mots :
« Que faut-il faire ? demanda-t-elle. Comment éviter qu’il ne perde la beauté de son âme en s’adaptant à ce qu’on attend de lui ?
- Confie-moi sa merveille, lui proposa la fée.
- Et qu’en feras-tu ? s’inquiéta la mère.
- Sois sans crainte, je la conserverai et je la placerai dans les yeux d’un de ses semblables où, un jour, sans doute, il se reconnaîtra. »
La mère n’eut pas d’autre choix, poursuivit la Reine qui tenait l’histoire de feu la mère du Roi.
Ainsi l’enfant naquit privé de ce qu’il était vraiment. Alors qu’il grandissait, il eut souvent le sentiment que quelque chose lui manquait, sans savoir exactement quoi. Un temps, il crut manquer de poneys, puis il crut manquer de place, puis il crut manquer d’amis, et d’air, et d’amour, et d’argent, et de reconnaissance, et de pouvoir, et de temps, et de père, et de sensations, et même de Dieu. Sa vie durant, précisa la tendre épouse du souverain, il souffrit de toutes sortes de manques sans en trouver aucun dont la satisfaction lui apporte une durable sérénité. »
Le Roi, qui s’était reconnu, ne parvenait pas à retenir ses larmes.
« Sire, ajouta le Reine, il n’est d’autre manque que de qui l’on est vraiment.
- Et c’est dans vos yeux, Madame, qu’il m’est donné de le voir ! Dans votre regard qui m’avait tant troublé ! »
La Reine l’embrassa plus tendrement qu’elle ne l’avait jamais fait.
« Retirez-vous maintenant, Madame, finit-il par dire, que je puisse tranquillement songer à tout cela.
- Puis-je me permettre encore un mot, mon ami ? demanda-t-elle.
- Dites, je vous en prie.
- J’aime celui que vous êtes vraiment, Sire. En vous manquant, vous m’avez tellement manqué. »
La lumineuse histoire du Prince qui manquait de tout - Jacques Schecroun - éditions Albin Michel Larno PerrinTableau : Marco STEFANUCCI
La Reine en avait pris son parti et avait résolu de simplement rayonner sa joie de vivre, en gageant que peut-être celle-ci déteindrait quelque peu sur la personne de son mari.
Si, de temps à autre, elle avait eu l’impression d’y réussir, ce n’était plus arrivé depuis que le Roi avait enterré son fidèle Serviteur. Il ne parvenait pas, en effet, à sortir du désespoir dans lequel la quête de Dieu le plongeait.
Du jour où il avait pris conscience du manque de Dieu, le monarque n’avait eu de cesse de vouloir le trouver. Ainsi le chercha-t-il en passant des mois dans la grande chapelle du palais, en s’entourant des plus grands docteurs de la foi, en lisant pendant des nuits entières entre les lignes des plus anciennes écritures et en parcourant son royaume pour y contempler les représentations que les hommes en avaient fait. Mais il avait beau chercher, partout au-dehors, il ne le trouvait pas.
Un jour qu’il était au plus mal, la Reine vint près de lui avec une infinie tendresse. Il leva les yeux, rencontra son regard, celui-là même qui l’avait jadis tant troublé, et lui dit :
« Vous êtes lumineuse, Madame !
- C’est votre propre lumière que vous voyez en moi, Sire.
- Comment cela ? interrogea le Roi, surpris par l’étrange réponse que lui faisait sa bien-aimée.
- On ne voit jamais en l’autre, mon ami, que ce qui est en soi.
- Vous êtes trop bonne ! répliqua le monarque.
- Non point, contesta son épouse. Je dis ce qui est vrai et, pour le démontrer, je voudrais, s’il vous plaît, vous conter une histoire. Une histoire, précisa-t-elle, que votre mère m’a elle-même confiée avant de mourir.
- Soit ! répondit le Roi qui se demandait ce que la Reine Mère avait bien pu raconter à sa belle-fille.
- Il était une fois, commença la première dame du royaume, un bel enfant qui s’apprêtait à venir au monde sans manquer de rien. La femme qui le portait avec amour savait que la nature généreuse avait doté le fruit de ses entrailles de toutes les grâces et d’infiniment d’atouts.
Un jour, cependant, peu de temps avant qu’elle n’enfante, une fée vint lui rendre visite.
« Femme, lui dit cette fée, l’enfant que tu portes court un grand danger.
- Un grand danger ! répéta, effondrée, la mère. Comment cela se peut-il ?
- Cet enfant, lui dit la visiteuse, est une pure merveille...
- Je sais, je sais, disait en pleurant la mère qui ne voyait pas où l’apparition voulait en venir.
- Et lorsqu’il va naître, il lui faudra, pour s’adapter au monde, se couler dans un moule ; un moule si étroit qu’il ne pourra contenir toute cette merveille. Le fait est, continua la fée, que, pour survivre, il devra y renoncer au risque de la perdre à jamais. »
La mère de l’enfant, qui sanglotait à chaudes larmes, parvint à articuler quelques mots :
« Que faut-il faire ? demanda-t-elle. Comment éviter qu’il ne perde la beauté de son âme en s’adaptant à ce qu’on attend de lui ?
- Confie-moi sa merveille, lui proposa la fée.
- Et qu’en feras-tu ? s’inquiéta la mère.
- Sois sans crainte, je la conserverai et je la placerai dans les yeux d’un de ses semblables où, un jour, sans doute, il se reconnaîtra. »
La mère n’eut pas d’autre choix, poursuivit la Reine qui tenait l’histoire de feu la mère du Roi.
Ainsi l’enfant naquit privé de ce qu’il était vraiment. Alors qu’il grandissait, il eut souvent le sentiment que quelque chose lui manquait, sans savoir exactement quoi. Un temps, il crut manquer de poneys, puis il crut manquer de place, puis il crut manquer d’amis, et d’air, et d’amour, et d’argent, et de reconnaissance, et de pouvoir, et de temps, et de père, et de sensations, et même de Dieu. Sa vie durant, précisa la tendre épouse du souverain, il souffrit de toutes sortes de manques sans en trouver aucun dont la satisfaction lui apporte une durable sérénité. »
Le Roi, qui s’était reconnu, ne parvenait pas à retenir ses larmes.
« Sire, ajouta le Reine, il n’est d’autre manque que de qui l’on est vraiment.
- Et c’est dans vos yeux, Madame, qu’il m’est donné de le voir ! Dans votre regard qui m’avait tant troublé ! »
La Reine l’embrassa plus tendrement qu’elle ne l’avait jamais fait.
« Retirez-vous maintenant, Madame, finit-il par dire, que je puisse tranquillement songer à tout cela.
- Puis-je me permettre encore un mot, mon ami ? demanda-t-elle.
- Dites, je vous en prie.
- J’aime celui que vous êtes vraiment, Sire. En vous manquant, vous m’avez tellement manqué. »
La lumineuse histoire du Prince qui manquait de tout - Jacques Schecroun - éditions Albin Michel Larno PerrinTableau : Marco STEFANUCCI
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