dimanche 4 août 2019
Diner à la Villa Romance
Nous y avoisiner avec Nadine et Marie France.
Marie France comme Martine Feve qui vit près de moi en Irlande , comme Michel Corrignan dit de Pontivy et moi sommes cousins germains.
Nous rions beaucoup ensemble et évoquons à chaque retrouvailles notre grand mère commune.
Nous n'avons pas connu notre grand père mort d'un accident de la circulation en 1931.
Mais cette grand-mère-ci nous marque d'autant plus que nous n'en avons absolument pas la même vision . Pour l'une c'est un ange, pour l'autre une sorcière , pour la troisième une grande indifférente , pour l'autre encore une méchante !!! Toutefois, c'est à elle que nous devons en partie la joie de ces retrouvailles bi annuelles . Merci pour la Romance , Mémé
1887 - 1952
samedi 3 août 2019
vendredi 2 août 2019
jeudi 1 août 2019
mercredi 31 juillet 2019
mardi 30 juillet 2019
Plenitude
" Je suis un jour entré dans un lien où chaque parole de l’un était recueillie sans faute par l’autre. Il en allait de même pour chaque silence. Ce n’était pas cette fusion que connaissent les amants à leurs débuts et qui est un état irréel et destructeur. Il y avait dans l’amplitude de ce lien quelque chose de musical et nous y étions tout à la fois ensemble et séparés, comme les deux ailes diaphanes d’une libellule.
Pour avoir connu cette plénitude, je sais que l’amour n’a rien à voir avec la sentimentalité qui traîne dans les chansons et qu’il n’est pas non plus du côté de la sexualité dont le monde fait sa marchandise première – celle qui permet de vendre toutes les autres.
L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences, et d’entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l’état pur, aussi fine que l’air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse. "
Ressuciter de Christian Bobin
Pour avoir connu cette plénitude, je sais que l’amour n’a rien à voir avec la sentimentalité qui traîne dans les chansons et qu’il n’est pas non plus du côté de la sexualité dont le monde fait sa marchandise première – celle qui permet de vendre toutes les autres.
L’amour est le miracle d’être un jour entendu jusque dans nos silences, et d’entendre en retour avec la même délicatesse : la vie à l’état pur, aussi fine que l’air qui soutient les ailes des libellules et se réjouit de leur danse. "
Ressuciter de Christian Bobin
lundi 29 juillet 2019
dimanche 28 juillet 2019
Les bouleversées
A toutes mes amies ici qui portent, presque invisible, "un point de chagrin" :
On les appelle "les bouleversées". Elles sont belles, lumineuses, vaillantes, présentes. Pourtant une part d’elles s’est mise à flotter entre deux temps, entre deux mondes, entre elle et elle.
On les reconnait à ce sourire qui est un mélange parfois de douceur et peut-être d’un "remontant" qui aide à continuer la vie. On les reconnait aussi à cette façon de garder la main sur le cœur. Une main seulement. Mais qui semble le tenir. Qui semble prendre appui aussi.
Et puis elles ont ce regard qui fixe quelque chose ou quelqu’un qui n’est pas dans le champs de vision.
Elles sont là comme si de rien n’était. Et puis, il y a fuite, il y a rumeur et l’on comprend qu’elles ont traversé une frontière de non-retour.
Les "bouleversées" sont des femmes très fortes. Combien il faut de force pour vivre double. Pour vivre "doublée". Car elles ont été doublées par cette part de destin qui a fait basculer la vie. Tragique parfois cette bascule et d’autres fois juste comme une lézarde mais qui est irréparable.
Les "bouleversées" se reconnaissent de loin. A leur démarche un peu aérienne, un peu en déséquilibre. Il y a aussi en elles comme une urgence, un état d’urgence permanent qui les fait asseoir au bord des chaises, en bordure des lieux, comme s’il fallait courir très vite. Comme si un état d’alerte permanent les habitait.
La gestuelle est toujours gracieuse. Le temps jadis, celui de la jeune fille en fleur continue comme un halo flou, à ourler de toutes parts la silhouette.
C’est en Afrique que j’ai entendu pour la première fois ce mot "bouleversée" qui décrivait une femme :
"Tiens, voilà la bouleversée. Faites- lui place".
J’étais petite. J’avais oublié. Puis est venu ce temps où je me suis mise à les reconnaître aussi. Ce temps où, à mon tour, je sursautais, me poussais et faisais place "à la bouleversée ".
Jeanne Orient © 30 juin 2016
Jeanne Orient a publié chez L’Harmattan "L’Accident de soi", en 2011.
Texte transmis par Joséphine Laurens Berliocchi
Dominique Gauthier exposé au Musée Hyacinthe Rigaud de PERPIGNAN
samedi 27 juillet 2019
vendredi 26 juillet 2019
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