mercredi 27 septembre 2017

L'Eblouissement

Quand on a vu une seule fois le resplendissement du bonheur sur le visage d'un être qu'on aime,
on sait qu'il ne peut pas y avoir d'autre vocation pour un homme
que de susciter cette lumière sur les visages qui l'entourent...


Albert CAMUS – Carnets II, Janvier 1942- mars 1951 
[transmis par Chakib Bouabida : merci]
Création céramique de Mélanie BOURGET

J'ai vu cet éblouissement du bonheur , cette radieuse éclaboussure sur le visage de ma belle mère l'avant veille de son départ vers ailleurs  alors qu'elle était entourée de ses 4 petits enfants  Quand le dernier est entré dans sa chambre elle en a été littéralement illuminée  de cette certitude d'avoir aimé sans doute , son visage était si radieux qu'il éclaire depuis ma route de grand mère . Quel cadeau ! 

mardi 26 septembre 2017

Lucas a une semaine



       Seulement et nous l'aimons déjà comme s'il avait toujours fait partie de notre famille

Le grand soleil ocre

Pour le soir du grand soleil ocre de la mort
j'irai tout seul
anonyme
de la terre dans mes poches et mes poches trouées
J'aurai pour naître encore l'oiseau grivois de mes cendres
toutes ces nuits d'argile où je saurai attendre
la lente procession des pluies
la semence et graine de paradis poivrés
Et mon cerveau demain sera le blé ardent le blé indien
la plaine entière où mûrit la lumière
sous l’œil de juillet
sa torpeur de pierre...
Patrick Chemin (extrait)
Peinture : Pierre TAL-COAT
Meric Maela

Patrick Chemin Le texte intégral pour les curieux https://www.youtube.com/watch?v=uWmbBZMcoA8
Le Grand Soleil Ocre © Patrick Chemin -…

Un lieu si haut




Et je vous parle d'un lieu si haut
que les nuages ont des sommeils d'amour
sur les longues racines où les eaux dorment
et ne se retirent pas
d'un lieu de toute part à lui-même reconnu
et tel que la lumière y fleurit de n'être pas
comme il arrive à l'arbre couché de lancer des cris
sur les cailloux du chemin
quand de son cœur sortent encore des oiseaux
peuplant de leurs ailes mortes l'air...

Jean-Marie Berthier (extrait)
[transmis par Catherine Smits : merci]
Peinture de Max ERNST


Garder le coeur en émerveillement


J'ai appris aujourd'hui une bien triste nouvelle et comme,  bien que cela ne me touche pas directement ,je me laissais gagnée par la mélancolie, grâce à Maela encore, j'accueille en conscience cette piqure de rappel qui fait que la douleur une fois de plus se fait douceur ....


Et si vous pouviez garder votre cœur en émerveillement devant les miracles quotidiens de votre vie, votre douleur ne vous semblerait pas moins merveilleuse que votre joie...

Khalil GIBRAN
Peinture : Anne SLACIK - Les Miroirs

Ma Vie



Ma vie ne vient à moi qu'en mon absence. Dans la clarté d'une pensée indifférente à mes pensées. Dans la pureté d'un regard indifférent à mes désirs. Ma vie fleurit loin de moi, à l'école buissonnière. Je m'en sépare en allant dans le monde. Je la rejoins en contemplant le ciel. Le ciel matériel, peint en bleu et en or...
Les lumières qui y traînent sont des lettres d'amour. Un amour sans appartenance. Sans avidité. Un amour qui ne vous demande rien - sinon d'être là.
Qui vous donne l'éternel, en passant.
Christian BOBIN - Éloge du rien
Peinture : Miki de GOUDABOOM 
Posté par Maela notre pourvoyeuse de magie 


Ce Bobin éclaire plus que quiconque mes jours et mes nuits 

Spectaculaire non ?

Angga Kurnia Aryantika – avec Rita Verdi.

Un Poète irlandais



SI je pouvais t'offrir le bleu secret du ciel,
Brodé de lumière d'or et de reflets d'argent,
Le mystérieux secret le secret éternel,
De la vie et du jour, de la nuit et du temps,
Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
Mais moi qui suis pauvre et n'ai que mes rêves,
Sous tes pas je les ai déroulés.
Marche doucement car tu marches sur mes rêves…

Poème de William Butler Yeats

[transmis par ]Daniele Chany]
Peinture de Yoel Tordjman Artist - Winter


L'arbre d'automne


L'arbre est devant la maison, un géant dans la lumière d'automne. Vous êtes dans la maison, près de la fenêtre, vous lui tournez le dos. Vous ne vous retournez pas pour vérifier s'il est bien toujours là – on ne sait jamais avec ceux qu'on aime : vous négligez de les regarder un instant, et l'instant suivant ils ont disparu ou se sont assombris. Même les arbres ont leurs fugues, leurs humeurs infidèles. Mais celui-là, vous êtes sûr de lui, sûr de sa présence éclairante. Cet arbre est depuis peu de vos amis. Vous reconnaissez vos amis à ce qu'ils ne vous empêchent pas d'être seul, à ce qu'ils éclairent votre solitude sans l'interrompre.
Oui, c'est à ça que vous reconnaissez l'amitié d'un homme, d'une femme ou d'un arbre comme celui-ci, gigantesque et discret. Aussi discret que gigantesque.

Christian Bobin 
L'inespéré

Le parfum d'une rose

 


The disciples were absorbed in a discussion of Lao-Tzu's dictum:
"Those who know do not say; those who say do not know."
When the Master entered, they asked him exactly what the words meant.
Said the Master, "Which of you knows the fragrance of a rose?"
All of them knew.
Then he said, "Put it into words."
All of them were silent.


Les disciples de Lao Tzu discutaient sur cette sentence 
"Ceux qui savent ne disent pas et ceux qui disent ne savent pas "
Quand le Maître entra ils lui demandèrent ce que pour lui ces mots signifiaient  précisément  
"Lequel d'entre vous, dit le Maître,  connait le parfum de la rose ? " 
Tous connaissaient 
Alors il dit : " Mettez le en mots " 
Et tous demeurèrent silencieux . 

Ginger child

Études à l'aquarelle

Ou " Le talent d'Alicia Magendie 

dimanche 24 septembre 2017

Au Sud du Nord


Pierre Durand "Roots 4tet"
At 21th Festival Au Sud Du Nord, Cerny, France, september 2017


Romy

Romy est née un 23 septembre, elle aurait 79 ans, bel anniversaire à elle
Via David Meynard

Pontoon Lake ce 22 septembre ( County Mayo - Irlande )





Deux photos de Margaret Walsh R.

Cet éblouissement

Et nous ne savions pas
que nous tenions ensemble
cet éblouissement.
Une goutte de sang -
un seul trait de lumière tombe d’une main à l’autre,
éblouissant...


Victor SERGE - Mexico, novembre 1947 (extrait)
Peinture : Maisa Garcia Cuesta
Posté par Maela 


Amoureux

Dieu. Cette pauvreté de Dieu, ce grésillement de la lumière dans la lumière, ce murmure du silence au silence, c'est à ça qu'il parle François d'Assise, quand il parle aux oiseaux ou à Claire, la petite sœur d'insouciance.
Il est amoureux. Quand on est amoureux, on parle à son amour et on ne parle qu'à lui seul. Partout, toujours.
On lui dit qu'on l'aime, ce qui n'est presque rien dire - sinon le presque rien d'un sourire, le balbutiement d'un serviteur à son maître qui le comble, qui le comble mille fois trop...
Christian BOBIN - Le Très-Bas 
[transmis par Claudine Jourdan et par Maela ]
Peinture : Feng Xiao-Ming