samedi 31 octobre 2015

Happy Halloween Night


Derniers Aphorismes du mois !

 J ‘ai postulé pour travailler dans un pressing et ils m'ont dit de repasser demain. Je ne sais pas comment le prendre.

Mieux vaut être une vraie croyante qu'une fausse septique.

 Une lesbienne qui n'a pas de seins, c'est une homo plate ?
Jésus-Christ est un exemple pour tous : même en mauvaise posture, il n'a jamais baissé les bras.

Le problème au moyen orient, c'est qu'ils ont mis la charia avant l'hébreu

Un milliardaire change de Ferrari tous les jours, et un SDF change de porche tous les soirs.
J'ai l'intention de vivre éternellement, pour le moment, tout se passe comme prévu.
Comme dirait Dracula, j'irais bien boire un cou. 
 
Quand un crocodile voit une femelle, il l'accoste.
Que celui qui n'a jamais bu me jette la première bière. 

Ma femme a fait un truc hier avec sa bouche que tous les hommes adorent: Elle l'a fermée.

Je déteste qu'on essaie de me faire passer pour un con, j'y arrive très bien tout seul. 

Jeanne d'Arc s'est éteinte le 30 mai 1431, environ deux heures après sa mort.
Il y a 40 ans, la SNCF présentait le TGV. Grande invention qui permettait aux voyageurs d'arriver plus vite en retard.
Kadhafi est parti sans dire au revoir, ce n'est pas Tripoli de sa part.

DSK sera désormais vigile au FMI : Il va monter Lagarde.
C'est en se plantant qu'on devient cultivé ... 

 

Les Présidents de la 5 ème République


 Les présidents français de la 5ème république vus par la Belgique !  ....SUPER  dessinateur ....

Superbe

Pour Najat Belkacem, le latin ne sert à rien, c’est pourquoi elle veut sa suppression !

Un professeur du lycée Janson de Sailly a répondu spirituellement aux contempteurs des études classiques par un discours prononcé à la distribution solennelle des prix.


Je regrette de ne pouvoir reprendre l’antique coutume de prononcer le discours en latin …… mais, que voulez-vous, la mode est passée et il n’est personne, à l’heure actuelle, qui aurait le téméraire courage de le ressusciter.
Primo, comme disait un latiniste de mes amis, cela pourrait passer pour unultimatum aux humanités modernes ….. et ce serait ipso facto un véritable outrage au statuquo que de faire ex cathedra un pareil lapsus.

Secundo, il faut de plus en plus s’exprimer en français, c’est la condition sine qua non pour être persona grata.

Tertio, il ne faut pas ajourner sine die la remise de l’exeat* que vous attendez, soit dit en a parte, comme nec plus ultra.
Finis les pensums, finis les vetos ; l’heure est aux accessits, aux ex æquo, et cætera.
Dans un instant vous serez récompensés au prorata de vos efforts. 
On proclamera orbi et urbi vos résultats, non point grosso modo, mais in extenso,et vous emporterez un palmarès que vous conserverez jalousement en duplicata, comme memento, première ébauche au sein de l’alma mater** alias l’universalité de votre curriculum vitae.
Vous partirez ad libitum*** les uns par l’omnibus, les autres pedibus cum jambisou vice et versa.
Aussi ne veux-je plus retarder votre sortie d’un seul alinéa ou d’un seul post-scriptum et parvenu à mon terminus, je me contente de vous dire simplement, in extrémis : mes chers amis, au revoir et belles vacances …
Prends-en de la graine Najat, et surtout, n’oublie pas que
Errare humanum est, perseverare diabolicum

* exeat : Certificat de radiation, délivré par un collège ou un lycée attestant que l’élève a quitté l’établissement et qu’il est en règle (dettes soldées, manuels restitués, etc.), quitus
** alma mater : A l’origine sainte mère. Aujourd’hui, le terme est essentiellement employé dans le monde de l’enseignement supérieur. 
Ainsi, dans les pays anglophones, le terme est surtout employé pour désigner l’université dans laquelle une personne a fait ses études, mais est aussi utilisé pour un collège ou un lycée.

*** ad libitum : Caractère facultatif d’une partie vocale ou instrumentale ; liberté de mouvement laissée à l’exécutant dans un passage.

vendredi 30 octobre 2015

Vertiges


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Nos avis Ciné

Mon roi : Vertige de l’amour



  • Réalisateur(s): Maiwenn
  • Acteurs principaux: Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot, Louis Garrel
  • Date de sortie: 21/10/2015
  • Nationalité: Française

Tony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski.
 Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l’histoire 
tumultueuse qu’elle  a vécue avec Georgio. Pourquoi se sont-ils aimés ? Qui est réellement l’homme
 qu’elle a adoré? Comment a-t-elle pu se soumettre à cette passion étouffante et destructrice ? 
Pour Tony c’est une difficile reconstruction qui commence désormais, un travail corporel qui lui 
permettra peut-être de définitivement se libérer … 
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Description d'un amour destructeur...
Description d’un amour destructeur…
Présenté en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, « Mon roi » avait reçu le prestigieux prix d’interprétation féminine pour la prestation d’Emmanuelle Bercot (qui présentait aussi un film hors compétition, qu’elle signait en tant que réalisatrice, le convaincant « La tête haute »). Il y’a tout juste cinq ans, la cinéaste Maiwenn avait bluffé tout le monde avec « Polisse » qui m’avait permis de prendre contact avec son cinéma, singulier dans le paysage français, un mélange de réalisme épuré et un goût pour l’improvisation, donnant lieu à des scènes dégageant une vie intérieur, à l’intérieur même de récits très sombres.
Après l’immersion dans une brigade de protection des mineurs, Maiwenn revient à un thème plus classique, car plus souvent abordé au cinéma, à savoir la question de l’amour tumultueux entre deux êtres. Pour se faire, la cinéaste a fait appel à deux acteurs renommés incarnant deux styles de jeu : la force brute de Vincent Cassel et la fragilité lumineuse d’Emmanuelle Bercot, tous deux vraiment bons dans leur rôle, mais formant ce que l’on nommerait « un véritable couple de cinéma ». Véritable grand 8 émotionnel, « Mon roi » est un film généreux et plein de bons et de mauvais sentiments, en évitant tout pathos et scènes larmoyantes. Après la rencontre hasardeuse à la sortie d’une boîte de nuit, le spectateur comprendra vite que ce couple est voué à un certain échec, entre scènes d’amour et de passion fortes et coup de sang froids.
En utilisant une structure bien connue de l’ellipse narrative (le film part d’un accident de ski de l’héroine lui amenant une fracture de genou qu’elle va devoir rééduquer), Maiwenn établit une métaphore entre le genou et le jeu de mots « je…nous », qui amène des retours en arrière sur cette passion destructrice. Par ce scénario malin, le film délivre donc des brides de vies entre d’un coté la rééducation du genou de l’héroine Tony et de l’autre la rééducation perpétuelle de ses sentiments et de son amour pour Georgio. Sincère sur son propos, « Mon roi » est avant tout un film qui se joue d’oscillations permanentes », le film n’a pas véritablement de début et de fin, mais se retrouve constamment à montrer des hauts et des bas d’une relation amoureuse, enfermé dans des disputes aussi violentes que rapides. Le film montre avant tout une réconciliation impossible et l’emprise que Georgio a sur Tony, qui critique les choix de vie de son homme (qui sort avec ses potes à n’importe quelle heure, trompe sa compagne) tout en n’arrivant jamais à s’en détacher clairement, malgré la clairvoyance de son frère, incarné avec brio par Louis Garrel (habitué à des rôles plus dramatiques).
Même si l’on peut trouver que l’enchaînement des séquences peut parfois donner le sentiment d’un catalogue de scènes de vie forcément hystériques dans le bon ou le mauvais sens, et si certaines séquences sont maladroites, il se dégage de « Mon roi », une véritable force qui naît de sa vie intérieure et de ses intentions de montrer un couple qui au fond ne cessera jamais de s’aimer et de s’autodétruire.
SCENARIO83%
MISE EN SCENE77%
ACTEURS88%
BANDE SON76%
PHOTOGRAPHIE83%
APPRECIATION GENERALE85%
Vote final
Même l'enchaînement des séquences peut parfois donner le sentiment d'un catalogue de scènes de vie forcément hystériques dans le bon ou le mauvais sens, il se dégage de "Mon roi", une véritable force qui naît du tumulte de sa vie intérieure et de ses intentions de montrer un couple qui au fond ne cessera jamais de s'aimer et de s'autodétruire.
Note finale82%
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Dire pour continuer son travail


Médiator

Irène Frachon au CHU de Brest poursuit son combat contre le laboratoire Servier dans l'affaire du Médiator.
Irène Frachon au CHU de Brest poursuit son combat contre le laboratoire Servier dans l'affaire du Médiator.
Par Michèle Chaouadi
Médiator 150 mg, combien de morts ? le livre choc d’Irène Frachon paru en 2010 aux Editions Dialogues va être adapté à l’écran dans La fille de Brest, le prochain film d’Emmanuelle Bercot.

Crime de masse

Dans son ouvrage, la pneumologue du CHU de Brest dénonce « un véritable crime de masse » révélant au grand public les éléments de l’une des plus grosses affaires de « pharmacodélinquance ». Depuis, elle  est devenue « l’ennemie  n°1 de Servier ». Elle se souvient encore de  « la tentative de censure et des attaques du laboratoire deux jours après la sortie du livre ».

Incarnée à l’écran par l’héroïne de la série Borgen

Plus qu’un livre, c’est le combat d’une carrière que retracera ce cinquième long-métrage d’Emmanuelle Bercot. Irène Frachon soutient le projet de la réalisatrice :
 
A l’image de son dernier film La tête haute, le cinéma d’Emmanuelle Bercot a tous les atouts pour éclairer le grand public sur des sujets extrêmement lourds. Il offre une forme de témoignage sur une affaire qui concerne tout de même 5 millions de Français. J’ai été consultée plusieurs fois et je trouve impressionnant le travail d’immersion, d’appropriation et le souci du détail de la réalisatrice. Emmanuelle Bercot a été très touchée par l’histoire que je raconte dans mon livre paru en 2010, son père était chirurgien cardiaque.
 
Le rôle de la pneumologue revient à l’héroïne de la série Borgen : l’actrice danoise Sidse babett Kundsen. Début du tournage : novembre 2015.
michelechaouadi

Expressions


Cliquez sur l'une des expressions ci-dessus pour en connaître la signification 

De Bangkok

 
    une photo de Richard Launay

mercredi 28 octobre 2015

La théorie de Ciceron ( mort en 43 avJC)

Théorie de Cicéron (mort en 43 av. JC)

1 - Le pauvre :               Travaille,
2 - Le riche :                  Exploite le 1,
3 - Le soldat :                 Défend les deux,
4 - Le contribuable :      Paye pour les trois,
     5 - Le vagadond :           Se repose pour les quatre,
                                     6 - Le poivrot :               Boit pour les cinq,
7 - Le banquier :             Escroque les six,
8 - L'avocat :                  Trompe les sept,
                                         9 - Le médecin :             Tue les huit,
  10 - Le croquemort :      Enterre les neuf,
                                                11 - Et le politique :       Vit des dix.

lundi 26 octobre 2015

Promis c'est le dernier ( du jour! )

  Evacuons d’emblée le seul défaut éventuel de Mon Roi de Maïwenn : les longueurs à endurer pour ceux qui, par empathie, souffriraient avec la victime. Qu’ils soient ici récompensés, ceux-là ne sont donc pas des pervers narcissiques, puisque de cela il s’agit.
Pour les qualités : maîtrise, sens de la mise en scène, montage en narration croisée avec flashbacks jamais lassants, impressionnant jeu des acteurs, sans oublier l’invisible et essentiel, une compréhension du sujet si fine et si profonde que le film danse au bord des précipices de la leçon de psychologie et que nous n’y voyons que vertiges de l’amour (J’ai dû rêver trop fort, ça m’prend les jours fériés…)
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Difficile de retrouver la signature de Maïwenn – une spontanéité parfois détonante, une veine autobiographique qui peut laisser voir les coutures, une écriture délicieusement tortueuse. Tout laisse penser dans Mon Roi que la réalisatrice également à l’origine du scénario avec Etienne Comar, s’est attachée à maîtriser et tendre les lignes, composer ses ensembles, structurer les épisodes et, surtout, orchestrer une valse à deux temps subtile et raffinée qui nous mène aux côtés de la victime dans ce même état de sidération hébétée et incrédule. Mais que s’est-il passé ?
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Que s’est-il passé et pourtant, nous étions prévenus, à grands coups de stylo rouge, par des signaux en forme d’appels de phares. Mais oui, ce séducteur dit « je t’aime » trop vite, déstabilise à force de paraître incroyable, enlève l’autre comme une enfant qui veut croire à Noël ou, pire, au Père Noël. Mais oui, cette enfant qu’est Emmanuelle Bercot montre d’emblée sa faille – sans jeu de mot – et son manque de confiance en soi. Puis, c’est le mouvement, celui du ravissement, et tout ce qui ressemble à l’amour fou, au bonheur, et sans cliché s’il vous plaît, non il pourrait s’agir d’un vrai film dans le film, voilà mesdames et messieurs un pur amour créatif et non conventionnel, avec ce grain de folie sihype que cette première partie pourrait en soi dessiner une peinture moderne et talentueuse de l’art éphémère de la rencontre à son apothéose.
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Vous y croyez.  Vous y croyez tellement qu’il vous est extrêmement difficile voire douloureux d’effectuer la lente descente de la victime. Mais à chacun de vivre cette expérience de façon pédagogique ou cinématographique … ou les deux. Pour le scénario, nous nous arrêterons ici. Juste signaler l’inventivité diabolique de son scénario, à la mesure du jeu brillant de Vincent Cassel, survolant les écueils de Black Swan (2011). Vincent Cassel qui happe sa proie et le spectateur qu’il engoue, sans laisser le temps de respirer-penser-réaliser, survole les raisonnements convenus, jongle avec la pensée paradoxale comme avec la serviette blanche du serveur qu’il se plaît à devenir dans les lumières dorées d’un grand restaurant lors du repas d’anniversaire de son fils, le temps d’un numéro aussi drôle que pathétique ; mais tant de talent est-il compatible avec tant de pathos ? Impossible, il y a tant de joie, nous assistons à une représentation si enivrante, il y a tant de rires et de regards captés par ce père fou d’amour. Ou par le vide de ce père.
En second plan, Louis Garrel à contre-emploi pimente le film de ses saillies pince-sans-rire et campe le frère étonnamment crédible d’une victime qui va lentement mais sûrement apparaître comme seule porteuse de la folie dont elle devient le fusible.

Je pourrais en publier 6 par jour

Mon Roi de Maïwenn

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Publié le 25 octobre 2015 par Michel Bezbakh dans Cinéma 

DEX_COOLUn quatrième long métrage et toujours les mêmes divisions. Il y a quatre ans, Polissemarquait une polarisation de la critique autour du cinéma de Maïwenn. Eloges inconditionnels de cet art du réel contre détestation viscérale de lamentations nombrilistes. La cinéaste n’a pas l’air de s’en soucier : Mon roi travaille un motif très proche de ses autres films. Tragique, humour et mélancolie se mélangent pour composer un portrait psychologique à l’admirable finesse.
Affiche Mon Roi
Une boîte de nuit, un homme et une femme. Elle le drague un peu, c’est à lui de faire le reste. L’affaire est vite réglée. Elle s’investit totalement dans la relation, contrairement à lui. Ça ne va pas fonctionner.
Ce n’est pas l’histoire la plus originale du monde, mais c’est un film de Maïwenn, c’est à dire un concentré de vie. Une succession d’instants directement sortis du réel. Rarement le cinéma ressemble autant à « une fenêtre ouverte sur le monde » que dans les œuvres de Maïwenn.
On peut y voir les travers d’un certain cinéma contemporain. On peut considérer que le septième art ne doit pas imiter la vie mais la recréer. Les procès en voyeurisme et en narcissisme intentés à la réalisatrice viennent en partie de là. Mais si Maïwenn devait consacrer sa carrière à raconter sa vie en offrant toujours de tels moments de grâce et d’émotion, on ne s’en porterait pas plus mal.
Mon Roi Mariage
Outre la vie, c’est l’émotion qui jaillit des films de Maïwenn. Dans Mon roi plus encore que dans les autres, elle jaillit des acteurs. Les prestations d’Emmanuelle Bercot et de Vincent Cassel sont éblouissantes. La première n’a pas volé son prix cannois (« Interprétation féminine »). Elle incarne Tony, une avocate dont la vie professionnelle est plus accomplie que la vie sentimentale, jusqu’à la rencontre de Georgio (Vincent Cassel).
Alors elle s’abandonne, elle donne, ne cache rien. Tout se lit dans ses regards, ses sourires, le moindre de ses mouvements. Ses rires et ses larmes proviennent de ses entrailles. Il fallait une actrice extraordinaire pour mimer le bonheur, les doutes et le désarroi d’une femme ingénue comme ça.
Il ne fallait pas le dernier venu non plus pour incarner le mari, le roi. Pas le roi des cons, celui des manipulateurs. Georgio est un acteur, toujours en représentation. Sa vie c’est le jeu, la dissimulation, le mensonge. Un dandy riche, cultivé, drôle et charmeur. D’abord la meilleure chose qui soit arrivée à Tony, puis la pire. Un peu malgré lui. Ce n’est pas tout à fait volontairement qu’il devient son bourreau. Simplement, il ne parvient pas à s’accommoder des sacrifices qu’exige la vie à deux. Complexe et fascinant, ce personnage est une sacrée trouvaille.
Mon Roi Emmanuelle Bercot et Vincent Cassel
Tony se pose moins de questions, elle a moins d’exigence. Si les deux individus sont séparés par une appartenance sociale légèrement différente, le film ne se résume pas à la confrontation de deux univers (comme dans La Vie d’Adèle). Il s’agit plutôt ici d’une rencontre entre deux personnalités.
Mon roi consacre toute son énergie à détailler la relation entre les deux personnages. Et l’adoption du point de vue de l’héroïne a l’habileté d’inclure son inconscient. Parce que Georgio ne quitte jamais complètement l’esprit de Tony ; même invisible il est présent. Il est rare qu’un personnage vampirise à ce point un film ; qu’un acteur contamine à ce point chacun des plans. Aussi le film pénètre-t-il une dimension supérieure au sitcom à l’eau de rose. Il y a un monde entre exposer des sentiments bon marché et embarquer le spectateur dans une aventure qui lui fera éprouver intensément chaque accident du récit.
Mon Roi Emmanuelle Bercot
A en croire certaines critiques, Maïwenn ne serait pas un bon metteur en scène. On se demande alors comment elle réussit à impulser autant de vie dans ses films. Sa mise en scène exclut le tapage et choisit la pudeur. Au service des acteurs, elle est entièrement consacrée à la production d’émotion.
Cela produit un « hyperréalisme » hypnotique, scotchant, mais cela ne se fait pas au détriment de l’art. Maïwenn n’est pas guidée uniquement par l’obsession d’une « efficacité » superficielle. Ses plans sont bourrés de sens. Il suffit de s’attarder sur les champs-contrechamps qui mettent en scène les échanges entre Tony et Georgio : ils permettent toujours de mieux comprendre ce qui se joue entre les deux personnages.
Pour d’autres pourfendeurs de ce cinéma du réel, Maïwenn n’aurait pas de style. Pourquoi alors ses films sont-ils si facilement identifiables ? Il y a évidemment un « style Maïwenn », et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle divise autant. On a bien sûr le droit de ne pas aimer, mais ses films ne ressemblent à aucun autre. On la remercie d’insuffler une note singulière, âpre, divergente dans le cinéma d’aujourd’hui.
Mon Roi, un film de Maïwenn, sur un scénario de Etienne Comar et Maïwenn, photographie de Claire Mathon, musique de Stephen Warbeck,avec Vincent Cassel, Emmanuelle Bercot, Isild Le Besco et Louis Garrel. Drame et Romance. France. 2014. Durée : 2H04. Distribué par StudioCanal. Crédit photographique : Studiocanal.

Les coulisses

Mon roi : Les coulisses du film de Maïwenn

Dans le centre de rééducation, Tony se fait des amis: une bande de jeunes qui la font rire avec leurs vannes. On peut y compter Patrick, mais aussi Norman, le youtubeur, qui n’est pas passé inaperçu lors du tournage !
Patrick raconte« T’avais Norman qui entre deux prises ne pouvait pas se reposer, tout le monde lui demandait des photos, autographes, etc. C’était impressionnant !»
Si le jeune Norman est très populaire, l’actrice Emmanuelle Bercot a forcé le respect de Patrick.
Le jeune homme qui se destine a une carrière d’acteur nous confie son admiration pour elle lors du tournage :
«Lors de notre première prise, t’as Emmanuelle Bercot (Tony) qu’on devait croiser et qui pleurait. On a refait cette scène au moins 30 fois et à chaque fois qu’on passait devant elle on la voyait effondrée, on y croyait vraiment, même à la trentième prise. Pour moi qui souhaite devenir acteur, ça m’a ébloui. Genre quand on coupait elle plaisantait avec nous et dès qu’il y avait le « actionnnnnn » paf, elle se transformait, magique !»
Il nous explique aussi à quel point le tournage de Mon roi fut laborieux :
« Le tournage de Mon roi était 100% impro avec de longues prises. C’était super et fatiguant ! Je crois que durant le mois où je suis resté on a tourné pas loin de 80 heures ! C’est ouf. »
Interview de Patrick Moreau sur Mon roi: Les coulisses du Maïwenn
Patrick Moreau avec Norman et Emmanuelle Bercot