mardi 14 avril 2015

La tête haute

« La Tête haute », d’Emmanuelle Bercot, ouvrira le 68e Festival de Cannes

Le Monde.fr | • Mis à jour le | Par
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La Tête haute, d'Emmanuelle Bercot.
Une fois n’est pas coutume, c’est par un film français, un film d’auteur, un film social, un film de femme, que s’ouvrira le 68e Festival de Cannes, le 13 mai. La Tête haute, d’Emmanuelle Bercot, suit le parcours d’un jeune garçon qui tombe dans la délinquance, tandis qu’une juge pour enfant et un éducateur s’évertuent à le sauver de sa condition. Année de trauma national oblige, Thierry Frémaux a choisi de déroger à la règle tacite qui réserve cette soirée de gala à des films spectaculaires, souvent américains… et pas nécessairement fulgurants sur le plan artistique – qu’on se souvienne de Grace de Monaco, en 2014, ou du Da Vinci Code (2006)…
« Cette année, on a voulu commencer par un bon film », annonce le directeur du Festival, qui se félicite de présenter une œuvre qui « relève d’un certain engagement ». Il ajoute : « C’est un film universel, qui exprime bien les questions qui se posent sur nos modèles de société ; un film qui parle de la jeunesse, de transmission, du rapport entre la justice et la société, des mécanismes sociaux et éducatifs mis en place dans un pays comme la France pour traiter des cas de délinquance… »
La Tête haute n’est sans doute pas un brûlot, et son casting – Catherine Deneuve, Benoît Magimel, Sara Forestier – garantit au Festival un niveau de glamour acceptable. « C’est un film très émouvant », ajoute le directeur du Festival, qui ne doute pas de sa capacité à séduire le grand public.

Sortie parallèle en salles

Distribué par Wild Bunch, grand pourvoyeur de la sélection officielle, il sortira en France dès le 13 mai, les cinémas qui le souhaitent étant encouragés à lancer le film en même temps que la projection cannoise, et à retransmettre en direct la soirée d’ouverture.
On a beaucoup parlé de Mad Max : Fury Road pour l’ouverture, mais Warner ne le souhaitait pas, et le Festival ne l’a jamais envisagé, assure Thierry Frémaux. La Tête haute lui est apparue, dit-il, comme une opportunité de donner au Festival une tonalité de départ qui résonne avec le climat de la France post-attentats, mais aussi « d’exprimer une confiance dans le cinéma français, dans son modèle fructueux de soutien à la création, dans le cinéma d’auteur, dans la mise en scène ». Sa sélection n’est pas terminée, mais il assure qu’il y a de nombreux « très bons candidats français ».
Venue à Cannes pour la première fois en 1997 avec son court-métrage Les Vacances, puis en 1999 avec La Puce (Cinéfondation), en 2001 avec son premier long-métrage Clément (Un certain regard), en 2011 comme coscénariste du Polisse, de Maïwenn (Compétition), Emmanuelle Bercot avait présenté Backstage (2004) et Elle s’en va (2013) au Festival de Berlin. Deuxième femme à avoir un film en ouverture de Cannes, après Diane Kurys, pour Un Homme amoureux (1987), la réalisatrice aura-t-elle les honneurs de la compétition ? Contribuera-t-elle à améliorer la représentation des femmes dans la section reine, et éteindre la polémique qui enfle chaque année sur le sujet à la même période ? Réponse le jeudi 16 avril, à l’issue de la conférence de presse.

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